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Biographie -
Name: Lupe Fiasco
Reel name: Wasalu Muhammad Jaco
D.O.B: February, 16th 1981 in Chicago
Label: Atlantic Records
Clic Site internet: ClicMySpace: Clic Il est l'une des étoiles montantes du rap américain actuel, dans lequel il propose par ses textes fouillés et très personnels une alternative à la mode du rap dirty south. Aidé dans son succès récent par des stars comme
Jay-Z ou
Kanye West, il a explosé en 2006 à la face du monde grâce à
son album Food & Liquors.
Lupe a grandi à
Chicago dans une famille
afro-américaine de classe moyenne, de
confession musulmane sunnite. Son père était musicien et sa mère, une chef cuisinière reconnue : le couple a eu neuf enfants en tout, dont
Lupe est le benjamin. Celui-ci a développé très vite une grande créativité qui le pousse vers la pratique
du rap dès le collège. Il se passionne pour
le street culture et
le skate-board, tout en continuant la musique : c'est à l'âge de
dix-sept ans, après plusieurs années de progrès, qu'il décide de se consacrer sérieusement au
hip hop. Il rejoint alors le groupe
Da Pak, bientôt signé sur
le label Epic Records, qui fait partie de
Sony. Après un premier single, le groupe se sépare et
Lupe poursuit son chemin en
solo : âgé alors de
22 ans, il est signé chez
Arista records par L.A. Reid tout en commençant à exposer son
talent lyrical en featuring sur
les R n'B langoureux du groupe féminin Tha'Rain ; après un premier single,
Pop Pop,
Reid est l
icencié de la boîte, laissant
Lupe sur le carreau. Mais il ne restera pas longtemps sans label, car l'écurie
Atlantic Records le signe en 2004.
La machine du succès est lancée, et 2005 marque la révélation du
M.C. au grand public en featuring sur la chanson
Touch the sky de Kanye West, single extrait de l'album-phénomène
Late Registration.
Lupe se paye le troisième couplet et éclipse totalement
Kanye, en particulier lors de performances live à la télévision où son
dynamisme et son
charisme naturels compensent l'aspect statique de son concitoyen de Chicago.
En 2006, c'est la déferlante : le premier signle de Lupe, Kick, Push, envahit les ondes, bientôt suivi de l'album Food and Liquors; les mixtapes estampillées
Lupe se bousculent, en particulier
la série Farenheit 1/15; le rappeur lance même sa propre émission de radio
FNF avec son pote
Bishop G. Les médias lui accordent très vite beaucoup d'attention en raison de son image légèrement décalée par rapport aux standards du
hip hop :
skater, musulman, bien sapé, moralisateur, nerd, "premier de la classe" chouchou de Jay-Z... Lupe Fiasco agace certains et se fait adorer de beaucoup, notamment sur la blogosphère où son album est qualifié de classique avant même sa sortie.
Pour un premier album,
Food and Liquors possède d'évidentes qualités qui justifient en partie l'immense buzz qui a accompagné sa sortie. Le titre du disque fait à la fois référence à la réalité du ghetto - les petites boutiques de "
food and liquor" - comme le montre un poème slam qui ouvre l'album, mais aussi au
mysticisme de Lupe, qui dit dans l'intro voir le monde comme l'union d'un principe de bien (
Food) et d'un principe de mal (
Liquor): rappellons que
Lupe est musulman et
qu'il est contre la consommation d'alccool, comme il le rappelle dans une interview à Contact Music. Mais ce genre de discours abstraits laisse vite la place à
des lyrics plus terre-à-terre avec Real, le véritable morceau d'ouverture de l'album, au
son très rock et futuriste rendu
un peu baroque par
les choeurs aigus de Sarah Green. Ce titre lance
le L.P. avec beaucoup de dynamisme et
une mélodie entêtante légèrement kitsch, mais aussi de façon
un peu trompeuse car Lupe n'y démontre rien de ses énormes capacités de
M.C., qui sont le principal attrait de l'album. Le texte est ciselé, fait de phrases courtes dont le dernier mot est répété : difficile sur un tel morceau de créer des vers complexes à la façon de
Nas, le principal inspirateur de ces qualités d'écriture.
Celles-ci éclatent dès le morceau suivant,
Just might be OK :
<< Finish my construction now we hope we coming like contracepts I'm conciespet that kunta get from conversation held with the Satan on my shoulder >>
Les lyrics de Lupe oscillent entre des séquences
de rimes et
de jeux de mots originaux, et des punchlines que n'aurait pas renié
son mentor Jay-Z : dans le single "
Daydream"par exemple, "
I had to turn my back on what got you paid I couldn't see half the hood on me like Abu Ghraib".
Ses paroles sont aussi
intéressantes par la richesse des images poétiques et des références qui s'y trouvent : de plus, contrairement à beaucoup de rappeurs,
Lupe connaît et fait référence à la culture afro-américaine plus large - il cite notamment
le penseur Cornel West dans une de ses chansons ; il parle du
Ku-Klux Klan, de l'Islam, du terrorisme, et
cause même un peu politique, même s'il affirme en interview ne pas vouloir se prendre pour un leader d'opinion.
Lupe, même s'il a
une conscience politique,
n'est pas Chuck D et
ses lyrics restent dans l'ensemble des textes de rap mainstream, souvent
introspectifs -
Hurt me soul, Sunshine, He say she say - et traitant de la rivalité entre
les M.C. ou des rapports dans l'industrie du rap. À noter que
Jay-Z vient prêter
main forte à son poulain en featuring sur le titre
Pressure.Dans l'ensemble,
la qualité des textes sauve des beats que certains critiques ont jugé un peu lassants :
Real, Just might be OK, ou
Pressure peuvent décontenancer l'auditeur, par leurs breaks de batterie omniprésents façon rock progressif et leurs choeurs volontairement outrés.
I gotcha pour sa part rentre clairement dans la catégorie des "
fonds de tiroirs" des
Neptunes. Les productions davantage
soul et
calmes de l'album sont plus agréables, en particulier
He say she say,
Sunshine et
The Emperor's Soundtrack - sans oublier
The Cool, le cadeau de
Kanye West à son poulain.
American Terrorist est pour sa part
une tentative assez sympathique de production
basée sur un sample aux sonorités hispaniques ; quand au single
Daydreamin', il
sample la très belle chanson traditionnelle Daydream déjà utilisée notamment par
The Pharcyde, en lui donnant un côté cosmique grâce aux arrangements de violons et
à la voix de Jill Scott. Pour résumer, l'album apparaît à bien des égards comme
le produit d'un M.C.
intelligent et
doué dans l'écriture, qui prend le contrepied d'un marché dominé par la musique de clubbing. Beaucoup d'efforts ont été faits pour lui donner une identité sonore, ce qui ressort dans les tâtonnements d'une production hétérogène, donc aussi pleine d'idées. Une chose est certaine, avec ce premier opus solo, Lupe ne prend pas le chemin de certains rappeurs solistes prometteurs qui restent toute leur carrière cantonnés au featurings.
Lupe est
entouré de
personnes bien intentionnées qui se chargent de lui
garantir un plan de carrière à son envergure.